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TROUBLES PSYCHIQUES

Conférences :
" Psychose et cannabis : quelles possibilités thérapeutiques ? "
Conférence du donnée par Mme D. Besançon-Quélennec et M. C. Pouvreau, infirmiers en psychiatrie au sein du programme JADE, Département de psychiatrie, HUG, Genève

8 octobre 2007

La consommation de cannabis atteint des proportions inquiétantes chez les jeunes ; son usage est encore plus fréquent chez les patients psychotiques et préoccupe les cliniciens disposant de peu d’outils pour lutter contre ce fléau.

Face à cette tranche d’âge, « faire la morale » rompt le dialogue ; le concept du projet « Psychose et cannabis » mené dans le cadre du programme JADE cherche à maintenir le dialogue afin d’informer sur les dangers du cannabis. Ce projet s’inscrit dans un cadre thérapeutique groupal d’un service spécialisé dans la prise en charge de la psychose débutante.

Mme Quélennec nous dit qu’un consensus existe quant au fait que le cannabis
- précipite la psychose chez les personnes vulnérables,
- exacerbe les symptômes et
- aggrave le pronostic de la maladie (rechutes et hospitalisations plus fréquentes).

Ce projet est donc parti d’un sentiment de frustration chez les soignants, regrettant de ne pas disposer de techniques spécifiques ni d’espaces privilégiés pour débattre de ce sujet sans devenir menaçant, contrôlant et moralisateur.

Le projet axe son intervention sur l’information concernant TOUS les aspects du produit, y compris les expériences agréables. Le but est d’informer objectivement, sans parti pris, afin que l’approche s’attaque aux croyances des patients sur l’inoffensivité du cannabis.

Il s’inscrit dans le cadre du programme groupal du service, avec un module conçu sur deux séances d’une heure à une semaine d’intervalle, conduit en co-animation par deux infirmiers.

« Pour que notre propos soit didactique et adapté aux difficultés liées à la psychose, il nous fallait tenir un langage simple et concis. Passer une information claire dans un cadre structuré main non menaçant fut notre mot d’ordre, » nous explique Mme Quélennec.

Un support audiovisuel a été préparé ; les diapositives présentent en premier lieu un questionnement, puis des éléments de réponse : leurs illustrations, extraites d’Internet, sont de couleurs vives empreintes d’humour. Des spots opposent le mythe largement répandu de produit naturel et inoffensif à la réalité des effets négatifs, sous forme de témoignages recueillis auprès des jeunes consommateurs réguliers qui racontent des expériences de « bad trip », de troubles de la mémoire et des capacités d’apprentissage, de problèmes relationnels…

Lors de la seconde séance, on exploite des extraits d’un reportage où des jeunes décrivent leur décompensation psychotique suite à un usage précoce et régulier du cannabis, suivie du processus de rémission. Ils témoignent de l’évolution de la maladie après une période d’abstinence et de soins psychiatriques.

Evaluation d’une année de pratique
Un regard pratique sur ce projet après un an de travail avec une quarantaine de patients révèle une manque totale de difficulté dans la dynamique du groupe : les patients surpris par la démarche ont rarement vanté le produit et encore moins tenté de convaincre de ses bienfaits.

Le support et le groupe ont été deux atouts majeurs. La formule multimédia « capte indubitablement l’attention des jeunes (…) et constitue un excellent secours pour soutenir l’attention la plus souvent déficitaire des patients encore symptomatiques ».

En plus, le support visuel « prend le rôle de médiateur : il permet le passage d’informations qui seraient irrecevables via les soignants et favorise l’expression des affects de manière moins menaçante ». A l’issue de la projection, un débat s’installe, les participants échangent doutes, convictions, interrogations et expériences personnelles.

Perspectives d’avenir
« Il serait sans doute opportun de réfléchir aussi avec eux au sens de leur consommation : appartenance au groupe, luttle contre les symptômes négatifs, réduction des effets secondaires des neuroleptiques ?… authat d’hypothèse qu’eux seuls pourraient nous confirmer.

« ces pistes nous conduiraient certainement aux portes d’un travail motivationnel indivduel ou en groupe, susceptible de soutenir les patients dans leur capacité de résolution de problèmes en développant leurs compétences autour de la balance décisionnelle. »

Un résumé plus complet de cette conférence avec les diapositifs est disponible sur ce site web.

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