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Les Lilas " est une unité hospitalière trans-sectorielle
de moyen séjour (qui peut aller jusqu'à deux mois
ou plus) orientée sur le rétablissement et la réhabilitation.
Dans sa présentation, le Dr Muscionico a défini la
rémission, le rétablissement et la réhabilitation,
et a parlé des facteurs pouvant jouer un rôle dans
l'alternance entre rémission et rechute. La rémission
se rapporte plus aux symptômes, et précède le
rétablissement qui lui, se rapporte plus aux aspects fonctionnels.
Dans la réhabilitation, il s'agit d'aider le patient de vivre
avec et à surmonter ses problèmes. Par rapport au
pourcentage élevé de troubles psychiques dans la population
et à la prédiction de l'évolution des maladies
psychiques, " il y a très peu de malades qu'on n'arrive
pas à aider ".
Le Dr Muscionico a mis l'accent sur le point de vue, les besoins
et les désirs du patient en ce qui concerne le but des soins
(que recherche-t-on avant tout ?), le choix de médication,
le maintien du traitement, le constat du progrès ou non.
En ce qui concerne le traitement médical, il y a une différence
entre compliance, adhésion, adhérence et observance,
mais il est clair que l'observance évite les rechutes. Le
Dr Muscionico a mentionné plusieurs facteurs qui peuvent
empêcher le patient d'être motivé à observer
le traitement. La clef est l'acceptation par tout le monde.
Mme Briffod a parlé des indications et objectifs de l'unité.
Dès qu'une place se libère, l'équipe va "
chercher ", dans d'autres pavillons, des patients qu'elle juge
aptes à bénéficier d'un suivi axé sur
le rétablissement. L'unité organise plusieurs sortes
d'activités groupales ; ce sont des outils pour motiver les
patients. L'équipe peut accompagner les patients en dehors
de l'hôpital. Deux exemples de groupes : des sorties hebdomadaires
en groupe pour patients qui souffrent de symptômes "
négatifs " ; et des groupes de mobilisation corporelle
douce. Chaque groupe comprend un cycle de neuf séances de
2h.
Au Lilas, les groupes multifamiliaux (mis en place à la clinique
à la demande de Relais pour promouvoir le partenariat entre
patients, proches et soignants) sont organisés autour de
thèmes précis. Un nombre important de personnes y
participent chaque fois ; dans d'autres pavillons, l'absence de
" programme " fait hésiter les gens à se
déplacer (peur de l'hôpital,
)
L'équipe pratique et encourage la réflexion autour
de l'identité (statut du patient), l'espoir et le sens à
la vie.
Discussion
- Au Lilas il y'a 18-22 lits, 18 infirmiers/ières à
plein temps qui travaillent en trois équipes en 24 heures,
1½ médecins + le chef de clinique, 3½ pluriprofessionnels.
-
L'équipe ne suit pas les patients après leur sortie
mais les dirige vers des services ambulatoires des HUG ou des psychiatres
privés, en leur transmettant les dossiers. Elle essaie d'organiser
une réunion de réseau avant la sortie.
- Efficacité de leur approche ? Il n'y a pas de suivi systématique
ni d'études sur les ré-admissions. Néanmoins,
certains patients restent en contact avec l'équipe.
- La sélection de patients pour les sorties à se fait
sur un principe d'inclusion et non de " tri " ou d'exclusion.
La sélection vise un groupe plus ou moins homogène
par rapport aux " indications ".
- Quelques patients ont une activité à l'extérieur,
par ex. en atelier protégé.
- Le centre d'urgences psychiatriques à l'Hôpital cantonal
envoie les patients soit à l'unité des admissions
de Belle-Idée, soit à une unité de court ou
moyen séjour, soit à une unité spécialisée
(par exemple, pour les jeunes, les mineurs, les problèmes
d'abus de substances).
- Groupes multifamiliaux : l'équipe des Lilas fait un grand
effort pour informer les parents sur ces groupes, et aussi en organisant
les réunions autour de thèmes ; d'autres unités
n'y mettent pas autant d'effort. Pour informer les familles par
lettre, il faut la permission des patients qui n'est pas toujours
évident. Les infirmiers/ères doivent y travailler.
Autres stratégies : des affiches dans le pavillon, ou une
invitation au patient d'assister seul d'abord au groupe pour observer
et voir qu'il n'y a pas de danger.
- Le plus grand défi de l'équipe est de donner une
direction à leur travail, rendre le groupe cohérent
afin que tous aillent dans la même direction.
- L'approche de l'équipe se base sur l'esprit de la thérapie
cognitivo-comportementale sans l'appliquer strictement. On prend
conscience des problèmes et décide ce que le patient
peut faire pour modifier son comportement.
- Suivis alternatifs pour jeunes patients après hospitalisation
: on peut trouver beaucoup d'offres de différents approches
sur l'internet, par ex. l'hypnose. Comment juger leur sérieux
? Il n'est pas possible de vérifier cette offre, qui présente
beaucoup trop de risques. C'est pourquoi on ne dirige les patients
que sur des suivis traditionnels et reconnus. Dans le cas précis
d'un jeune qui ne trouvait pas tout de suite de place à JADE,
il a dû se mettre sur une liste d'attente et, entre temps,
être suivi à la consultation des Pâquis.
- La maîtrise des " voix " : on essaie de gérer
les hallucinations auditives au " cas par cas " selon
une évaluation clinique ; on ne les traite pas obligatoirement.
Cela dépend si elles sont menaçantes ou pas, si le
patient souffre ou pas, s'il veut ou non en être libéré.
- Durée du séjour au Lilas cf. séjour de deux
ans à La Borde (Vaud) : Les Lilas est une unité hospitalière
; La Borde est un lieu de vie. Il ne faudrait pas que les patients
soient trop protégés non plus, sinon ils peuvent devenir
dépendants.
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