|
Tous
les membres de l'Equipe mobile de suivi intensif dans le milieu
(EM) sont présents pour cette soirée de bilan de quatre
ans d'existence. La soirée est aussi une opportunité
de remercier M. Alexandre Engelhorn pour le sponsoring qui
a permis le démarrage de l'EM en 2007.
Le
président de RELAIS, M. Jean Dambron, présente
cette équipe pluriculturelle et pluridisciplinaire sous la
direction du Dr Philippe Huguelet et de M. Serge Boulgy et rappelle
qu'heureusement et suite à une évaluation, l'EM pourra
continuer avec le même nombre de postes qu'auparavant.
M.
Engelhorn note que son engagement lui a donné beaucoup
de plaisir. Il salue le travail du Département de psychiatrie
adulte des HUG, les membres de l'EM et du RELAIS, et pose une question
à l'Equipe : " Est-ce qu'il est important pour les patients
et les proches que vous leur procuriez de l'espoir ? "
Réponse
affirmative de M. Raffaele Lepore (un des trois infirmiers/ères
de l'EM). M. Engelhorn partage ses pensées sur le rôle
de l'espoir dans le travail de l'EM et dans la relation mutuelle
entre soignant et patient ou proche : " L'espoir n'a pas toujours
bonne presse ; parfois il trompe. " Pourtant, " Chez vous,
l'espoir peut mener à la réinsertion, à la
prise de responsabilités. " Dans le Babylone de la 3e
ou 2e ère avant Jésus Christ, les exorcistes concevaient
des rituels pour prévenir des évènements terribles
qui étaient en dehors de la volonté humaine. "
L'avenir n'est donc pas forcément écrit ! Vous n'êtes
pas des exorcistes, mais vous créez des étincelles
de liberté chez les patients. Voilà ce qui justifie
l'espoir. "
Pour
le Dr Huguelet, l'espoir est un élément vital
pour le rétablissement ; il mène au sens. Le docteur
retrace les débuts de l'EM et rappelle qu'une de ses fonctions
importantes est de donner des conseils. Il suffit de faire un seul
numéro de téléphone pour y accéder.
La collaboration avec RELAIS a doté l'EM d'une bonne source
d'information sur des problèmes éventuels.
Le
Dr Huguelet présente le résumé de quatre ans
de fonctionnement de l'EM (voir le PPT): ses buts, ses patients,
ses caractéristiques, son financement, ses objectifs, ses
prestations et le bilan après trois ans en termes de
répercussions sur les hospitalisations
effets sur les symptômes
effets sur le fonctionnement social
satisfaction des patients et des proches
Sa
conclusion : " L'équipe mobile, ça fonctionne
! Merci à Monsieur Engelhorn !!! "
Sous
le titre " Porte - Apporte " M. Serge Boulgy, infirmier
responsable des soins, parle de " ce qui se passe quand on
frappe à la porte ". Les dessins de Raffaele Lepore
à l'appui, il souligne que la rencontre entre un membre de
l'Equipe et un patient est un moment fort de partage. L'EM a à
faire à des patients opposés à toute démarche
thérapeutique, des êtres parfois " emprisonnés
". Les soignants essaient de construire un rapport long et
dense avec eux.
M.
Dambron demande aux membres de l'EM de partager avec le public ce
qui les aurait marqués dans leur travail.
- La
doctoresse Amani : J'ai l'impression d'être plus proche des
patients d'une manière plus globale.
- Le docteur Huguelet : Ce n'est pas facile pour les soignants de
sortir des murs de l'institution, et seul. Cela demande de l'autonomie
et de la foi.
- Vinella Koellner (psychologue) : Voir une lueur d'espoir chez
un patient nous donne un sens à notre travail.
- Anna Diez (infirmière) : On oublie qu'on est avec un patient
pour découvrir qu'on est avec une personne.
- Sybille Wolff (assistante sociale) : Je suis motivée par
le travail en équipe, par les collègues, par les réseaux.
- Raffaele Lepore (infirmier) : J'adore ce que je fais et je suis
payé pour ! Le plus important, la base, c'est la relation
humaine, de serrer une main.
- Chris (infirmier) : Je suis frappé par le besoin de persévérance,
le temps que cela demande. Nous devons avoir de l'espoir pour pouvoir
le transmettre, l'espoir que la personne va pouvoir remonter la
pente, avoir une vie satisfaisante.
- Claudine Briffod (infirmière) : on a besoin de persévérance
mais aussi de créativité !
* *
*
Discussion
Q :
L'EM a été créée pour répondre
aux besoins des patients récalcitrants. Vous avez accumulé
un savoir pour pouvoir établir de la confiance entre vous
et les patients. Pouvez-vous le transmettre aux proches/familles
pour qu'ils évitent les maladresses dans leur relation avec
les patients?
R (Dresse Amani): Pas de protocole pré-établi. La
" recette " comprend l'empathie, l'ouverture vers l'autre,
la persévérance.
R (Dr Huguelet): Les soignants sont moins impliqués émotionellement.
Par conséquent, on ne peut pas extrapoler leur approche aux
proches. Pour les proches, le cours Profamille est une bonne ressource
de conseils sur les comportements à adopter.
R (M. Lepore): On se méfie de nous. Nous devons donc susciter
de l'intérêt, être attractifs, répondre
à un besoin. Ce n'est pas la même chose pour les parents
Q :
Dans quelle mesure l'EM peut-elle aider un patient à réintégrer
le travail ?
R : Cela dépend de beaucoup de facteurs, par ex., l'âge
de la personne, son éducation/formation, si elle a vraiment
envie de travailler et, si oui, quel genre de travail ? A part un
emploi " normal ", il y a l'emploi protégé,
la formation
D'autre part, le monde du travail n'est pas forcément
prêt à accepter une personne avec des difficultés
psychiques. Dans ce contexte, le job-coaching peut être très
utile. Le job coach contacte les entreprises et, si un patient est
embauché, continue de le coacher sur le lieu du travail.
Cette méthode est de plus en plus utilisée, à
JADE par exemple. Mais il reste un long chemin à faire.
Q :
Quelle est le rôle de l'EM sur le plan de l'aide sociale?
R : La mission de l'EM est transitoire. Notre rôle est de
passer le relais. Mais l'aide sociale peut être l'axe autour
duquel nous construisons une relation.
Q :
Qui se déplace à domicile?
R : Tout le monde va sur le terrain! La Dresse Amani répond
au demandeur par téléphone. Si tout n'est pas clair,
elle va à domicile, accompagnée par un autre membre
de l'EM, pour évaluer la situation. Si le patient n'a pas
un médecin, elle continue de le suivre.
Q :
L'EM collabore-t-elle avec JADE et les autres services psychiatriques?
R : Oui. L'EM et JADE font partie des programmes transversaux du
Département de psychiatrie des HUG (cf. les programmes sectorisés
géographiquement). Néanmoins, il y a le risque de
confusion entre les différents services ; parfois d'autres
parties de la structure classique " oublient " JADE ou
l'EM
!
Q :
L'EM ne pourrait-elle pas contacter le patient avant qu'il ne quitte
la clinique ? Pour créer un lien avec lui et éviter
qu'il ne " disparaisse dans la nature " à sa sortie?
R : Quand le patient est encore à la clinique c'est effectivement
un bon moment pour commencer à créer un lien. Mais
si le contact n'est pas entrepris, et si le patient ne va pas à
la consultation après sa sortie en dépit d'y avoir
été référé, les parents peuvent
toujours faire appel à l'EM.
Normalement les patients au pavillon des Alizés (pour les
jeunes) sont introduits à JADE avant leur sortie. Il est
aussi vrai que la sortie est une période à risque.
Ca sera bien que les patients soient accompagnés pour faire
la transition vers l'ambulatoire. Il y a un projet dans ce sens
qui doit être mis sur pied
|